Dominique Venner, un homme qui a choisi de mourir debout…
Entretien réalisé par Nicolas Gauthier. pour Bd Voltaire
« Suicide d’un ex-OAS », écrivent les uns, tandis que d’autres parlent d’une « figure de l’extrême droite », d’un « opposant violent au mariage gay » ou d’un « islamophobe ». Sans compter les insultes de Frigide Barjot, qui a révélé le fond de sa nature en crachant sur un cadavre. Ces gens-là ne connaissent rien de Dominique Venner. Ils n’ont jamais lu une ligne de son œuvre (plus de cinquante ouvrages et des centaines d’articles). Ils ignorent même qu’après une jeunesse agitée, qu’il avait évoquée dans l’un de ses plus beaux livres – Le cœur rebelle (1994) -, il avait définitivement rompu avec toute forme d’action politique il y aura bientôt un demi-siècle. Je peux même donner la date exacte, puisque j’étais présent lorsqu’il déclara prendre cette décision : c’était le 2 juillet 1967. À compter de ce jour, Dominique Venner s’était entièrement consacré à l’écriture, d’abord avec des ouvrages sur la chasse et les armes (il était, en ce domaine, un expert reconnu), ensuite avec des travaux d’historien, écrits avec une plume étincelante et dont beaucoup font aujourd’hui autorité. Il était enfin le fondateur de La Nouvelle Revue d’histoire, un bimestriel de haute qualité.
Je n’ai absolument pas été surpris par son suicide. Je savais depuis longtemps qu’à l’exemple des vieux Romains, et aussi de Cioran, pour ne citer que lui, il admirait la mort volontaire, qu’il y voyait la façon la plus conforme à l’éthique de l’honneur d’en finir avec la vie dans certaines circonstances. Il avait en tête le souvenir de Yukio Mishima, et ce n’est pas un hasard si son prochain livre, à paraître le mois prochain chez Pierre-Guillaume de Roux, s’intitulera Un samouraï d’Occident. On peut dès à présent en mesurer le caractère testamentaire. Je n’ai donc pas été étonné par cette mort exemplaire. Je suis seulement surpris du moment et du lieu.
Dominique Venner n’avait aucune « phobie ». Il ne cultivait aucun extrémisme. C’était un homme attentif et secret. Au fil des années, le jeune activiste de l’époque de la guerre d’Algérie s’était mué en historien méditatif. Il soulignait volontiers à quel point l’histoire des hommes reste toujours imprévisible et ouverte. Il y voyait motif à ne pas désespérer, car il récusait toute forme de fatalité. Mais il était avant tout un homme de style. Chez les êtres, ce qu’il appréciait le plus était la qualité humaine, laquelle se résumait chez lui à un mot : la tenue. En 2009, il avait consacré à Ernst Jünger un bel essai dans lequel il expliquait que son admiration pour l’auteur de Sur les falaises de marbre tenait d’abord à sa tenue. Dans son univers intérieur, il n’y avait place ni pour les cancans, ni pour la dérision, ni pour les disputes de la politique politicienne qu’il méprisait à juste raison. C’est pour cela qu’il était respecté. Parfois jusqu’à l’excès, il recherchait la tenue, le style, l’équanimité, la hauteur d’âme, la noblesse d’esprit. Ce sont là, malheureusement, des mots dont le sens même échappe sans doute à ceux qui regardent les jeux télévisés et se ruent chez Virgin Megastore pour profiter des soldes…
Dominique Venner était païen et ne s’en cachait pas. Il aura pourtant choisi une église pour mettre fin à ses jours. Y voyez-vous une contradiction ?
Je pense qu’il a lui-même répondu à votre question dans la lettre qu’il a laissée derrière lui, en demandant qu’elle soit rendue publique : « Je choisis un lieu hautement symbolique, la cathédrale Notre-Dame de Paris, que je respecte et admire, elle qui fut édifiée par le génie des mes aïeux sur des lieux de culte plus anciens, rappelant nos origines immémoriales. » Lecteur de Sénèque et d’Aristote, Dominique Venner admirait surtout Homère : l’Iliade et l’Odyssée étaient à ses yeux les textes fondateurs d’une tradition européenne qu’il avait reconnue pour sa patrie. Il faut vraiment être Christine Boutin pour s’imaginer qu’il s’est « converti à la dernière seconde » !
Politiquement, cette mort spectaculaire sera-t-elle utile, tel cet autre sacrifice demeuré célèbre, celui de Jan Palach, en 1969 à Prague, ou celui, plus récent, de ce petit commerçant tunisien ayant en partie déclenché le premier « printemps arabe » ?
Dominique Venner s’est aussi exprimé sur les raisons de son geste :« Devant des périls immenses, je me sens le devoir d’agir tant que j’en ai encore la force. Je crois nécessaire de me sacrifier pour rompre la léthargie qui nous accable. Alors que tant d’hommes se font les esclaves de leur vie, mon geste incarne une éthique de la volonté. Je me donne la mort pour réveiller les consciences assoupies. » On ne saurait être plus clair. Mais on aurait bien tort de ne pas voir que cette mort volontaire va bien au-delà du contexte limité des débats sur le « Mariage pour tous ». Dominique Venner ne supportait plus, depuis des années, de voir l’Europe sortie de l’histoire, vidée de son énergie, oublieuse d’elle-même. L’Europe, disait-il souvent, est « en dormition ». Il a voulu la réveiller, à la façon d’un Jan Palach en effet, ou en d’autres temps d’un Alain Escoffier. Il a ainsi fait preuve de tenue jusqu’au bout, restant fidèle à l’image qu’il se faisait de ce que doit être l’attitude d’un homme libre. Il a écrit aussi :« J’offre ce qui me reste de vie dans une intention de protestation et de fondation. » Il faut retenir ce mot de fondation, que nous lègue un homme qui a choisi de mourir debout.
Alain de Benoist, le 23 mai 2013

Toute l’équipe de NCI est bouleversée par la mort de Dominique VENNER. C’était un grand défenseur de notre histoire, de notre Identité, de la mémoire la plus longue.
Dans le cadre de nos activités, nous avons promu le livre de Gérard DUSSOUY : » Fonder un état Européen ». Dominique VENNER en avait assuré la préface et nous avons pu découvrir sa lucidité, sa passion de la France et de l’Europe, la qualité de son écriture, la hauteur de vue sereine, aristocratique, volontaire de cet homme d’exception.
Livre que vous pouvez commander ici, pour 14€ frais de ports compris.
Sa mort nous encourage à nous battre encore et toujours pour notre terre, nos familles, notre histoire, notre peuple, notre France, notre Europe.
Nous vous proposons ci-après la dernière lettre de Dominique VENNER et son dernier texte paru sur son blog.
Ce sont des textes lumineux, de grande portée que, bien sûr, les médias du système ne diffuseront pas.
M. VENNER, nous ne vous oublierons pas et vous marcherez avec nous dans nos rangs ce dimanche 26 mai et lors de tous les autres combats pour la défense de notre Identité.
Ci-dessous, sa dernière lettre
Déclaration de Dominique Venner
Les raisons d’une mort volontaire
Je suis sain de corps et d’esprit, et suis comblé d’amour par ma femme et mes enfants. J’aime la vie et n’attend rien au-delà, sinon la perpétuation de ma race et de mon esprit. Pourtant, au soir de cette vie, devant des périls immenses pour ma patrie française et européenne, je me sens le devoir d’agir tant que j’en ai encore la force. Je crois nécessaire de me sacrifier pour rompre la léthargie qui nous accable. J’offre ce qui me reste de vie dans une intention de protestation et de fondation. Je choisis un lieu hautement symbolique, la cathédrale Notre Dame de Paris que je respecte et admire, elle qui fut édifiée par le génie de mes aïeux sur des lieux de cultes plus anciens, rappelant nos origines immémoriales.
Alors que tant d’hommes se font les esclaves de leur vie, mon geste incarne une éthique de la volonté. Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assoupies. Je m’insurge contre la fatalité. Je m’insurge contre les poisons de l’âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille, socle intime de notre civilisation multimillénaire. Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations.
Le discours dominant ne pouvant sortir de ses ambiguïtés toxiques, il appartient aux Européens d’en tirer les conséquences. À défaut de posséder une religion identitaire à laquelle nous amarrer, nous avons en partage depuis Homère une mémoire propre, dépôt de toutes les valeurs sur lesquelles refonder notre future renaissance en rupture avec la métaphysique de l’illimité, source néfaste de toutes les dérives modernes.
Je demande pardon par avance à tous ceux que ma mort fera souffrir, et d’abord à ma femme, à mes enfants et petits-enfants, ainsi qu’à mes amis et fidèles. Mais, une fois estompé le choc de la douleur, je ne doute pas que les uns et les autres comprendront le sens de mon geste et transcenderont leur peine en fierté. Je souhaite que ceux-là se concertent pour durer. Ils trouveront dans mes écrits récents la préfiguration et l’explication de mon geste.
*Pour toute information, ont peut s’adresser à mon éditeur, Pierre-Guillaume de Roux. Il n’était pas informé de ma décision, mais me connaît de longue date.
*Dominique Venner est né en 1935. Il est essayiste et historien. Il est le fondateur de La Nouvelle Revue d’Histoire. Il a publié un grand nombre de livres (parmi lesquels Le Siècle de 1914 ou Histoire et tradition des Européens). Derniers essais parus : Le Choc de l’Histoire (Editions Via Romana, 2011), L’Imprévu dans l’Histoire (Éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2012). Essai à paraître chez cet éditeur : « Un Samouraï d’Occident. Le bréviaire des insoumis ».
Encore une attaque contre notre Identité !
Le gouvernement, par l’intermédiaire de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, attaque encore une fois notre identité !
En effet, la ministre voudrait imposer en faveur de l’anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l’enseignement, des examens et des concours.
Comme le dit le professeur au collège de France, Claude Hagège, on se demande d’où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la république, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : « c’est par sa langue que vit une nation. »
Le motif de cette invasion de l’anglais comme langue obligatoire dans un grand nombre de matières de l’enseignement supérieur a pour motif, d’après le gouvernement, d’attirer des étudiants étrangers à venir suivre leurs études en France.
Mais l’attractivité de l’enseignement en France est due à sa qualité et non pas parce qu’il serait fait en anglais. Aujourd’hui il y a déjà beaucoup d’étudiants étrangers qui viennent étudier en France grâce à la qualité de notre enseignement. Il faut bien comprendre que dès lors qu’une langue ne peut plus tout dire, elle est morte. Enseigner certains types de sciences ou de techniques dans une autre langue enlève à la langue les corpus correspondants.
Cette volonté du gouvernement, montre une dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, au nom d’une pseudo rentabilité alors qu’il s’agit bien entendu de défendre notre culture, notre histoire et notre langue.
Comme le dit le professeur Hagège, il faut se protéger des sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, qui n’ont pas compris que c’est en utilisant le français qu’ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l’anglais.
Il est encore temps de se mobiliser avant qu’un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l’américanisation déguisée en mondialisation. L’Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire.
Quant au peuple abreuvé de sous-culture américaine, il ne manifeste aucun désir de substituer l’anglais au français dans l’enseignement en France. Ce sont donc les forces vivantes et majoritaires du pays que l’on insulte en plaçant l’anglais sur un piédestal dont il n’a que faire, surtout venant du gouvernement français. Battons-nous pour notre langue ! Car l’enjeu est celui de notre identité. Il n’est plus temps de fermer les yeux : nous sommes en guerre.
Le Conseil Constitutionnel vient de se prononcer sur la loi Taubira.
Nous avons combattu cette loi destructrice de la filiation pour les risques qu’elle faisait courir aux enfants et au risque de marchandisation du corps des femmes.
Nous avons dénoncé sans cesse la PMA et la GPA qui se cachaient derrière le projet.
Le Conseil Constitutionnel nous a entendu car il précise dans ses attendus que cette loi ne saurait donner un droit à l’enfant. C’est une arme importante dont nous saurons nous servir et qui nous permettra d’éviter la GPA et la PMA.
Notre combat n’a pas été vain puisqu’il nous permis d’obtenir cette garantie et aussi parce qu’il a permis une prise de conscience globale de la part du peuple Français qu’une menace pèse sur les fondements de notre communauté historique, qu’il est capable de se mobiliser d’une manière inattendue et forte et que nous pouvons faire reculer le pouvoir notamment sur le vote des étrangers.
Merci à tous les donateurs pour votre soutien qui a permis ce succès; nous continuons le combat !
NOUS NE LACHERONS RIEN !




